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 Retrouvailles douloureuses | Pepper

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MessageSujet: Retrouvailles douloureuses | Pepper Dim 11 Jan - 21:27



❝Retrouvailles douloureuses❞
Pepper & Emrys
Nouveau jour dans mon existence devenue misérable depuis un petit moment maintenant. Depuis qu’elle est partie, je ne suis plus que l’ombre de moi-même, un cadavre ambulant, un déchet, un résidu de la société. J’ai une mine affreuse, chaque jour. Cela fait maintenant plusieurs mois que je ne dors plus ou très peu. La nuit, je ne faisais que penser à elle et à ma vie bien pitoyable depuis qu’elle est partie. J’ai finalement trouvé un moyen de dormir un peu mieux, ou du moins de m’en donner l’illusion, l’alcool. Chaque soir, ma bouteille me tient compagnie, à défaut d’autre chose. Heureusement que j’ai mon travail. Sans lui… Je ne préfère même pas imaginer ce que je serai devenu. Chaque jour, la pensée de pouvoir sauver des vies m’aide à me lever le matin malgré mon manque de sommeil flagrant. Personne ne me fait de réflexion sur mon état à la caserne, mais ils n’en pensent pas moins. Cependant, j’essaye de faire bonne figure, prétextant que je vais bien. J’essaye même de m’en convaincre, mais ce n’est pas très efficace. Je carbure au café la journée, sinon il m’est impossible de tenir. J’en bois des litres, mais je serais bien incapable de dire combien. Je ne reste jamais en place, jamais seul. Je me concentre sur les appels téléphoniques, sur les entrainements, les réunions, bref, je reste rarement inactif. Je suis d’ailleurs toujours le premier à vouloir partir sur le terrain.

Enfin, aujourd’hui était une journée un peu différente. Je ne m’attendais absolument pas à ce que j’allais vivre en me levant ce matin. Lorsque mon chef m’a appelé dans son bureau en fin de matinée, je pensais qu’il allait mentionner mon état pitoyable que je m’efforce de cacher, ou encore qu’il allait me féliciter d’être aussi actif au sein de la caserne ? Mais non. La raison de sa convocation fut tout autre. J’étais entré dans son bureau. J’avais fermé la porte derrière moi et m’étais assis en face de son bureau. Je n’en menais pas large. Se faire convoquer ainsi par son supérieur ne présage rien de bon…

« Mon petit Snow, j’ai besoin de vous pour un petit travail aujourd’hui. »

Il baissa les yeux vers un cahier ouvert devant lui en le désignant du doigt.

« Je devais me rendre dans un café pour vérifier le système d’anti-incendie, mais une urgence vient de me tomber dessus, c’est donc vous, Snow, qui irez à ma place. Vous faites preuve de beaucoup de professionnalisme et d’investissement au sein de la caserne depuis un bon moment, même si je soupçonne un peu de surmenage, alors je vous confie cette mission. J’ai pleinement confiance en vous. »

Bon et bien finalement, rien de bien grave. Une simple mission de routine. Soulagement. J’acquiesçais de la tête, avec un petit sourire, touché par ce compliment, attendant qu’il me donne l’adresse.

« Merci Monsieur. »

« Bien, rendez-vous au Coffee-O-Logy, Historic District dans une heure. »

Il me tendit une fiche avec l’adresse. Mais mon visage avait changé d’expression. Ce nom… Je venais de me figer sur place. Je sais parfaitement où ce café se trouve… C’est son café. J’avais blêmi. Mes yeux étaient fixés sur le morceau de papier que mon boss me tendait. Une montée de stress venait de m’envahir. Mais pas le temps de trop y penser, mon supérieur attendait.

« Snow ? Ça va ? »

Je repris mes esprits, saisis la feuille et lui adressai un sourire pour le rassurer.

« Tout va bien, pardon. J’y serai Monsieur. »

Je m’étais ensuite levé et j’avais quitté son bureau. Une fois la porte fermée, mon sourire disparut en un éclair. J’avais une horrible boule au ventre et je devais être blanc comme un mort – pour changer. Pour finir, je m’étais réfugié dans les vestiaires pour me préparer psychologiquement à la revoir…

[…]

A présent, j’étais assis dans la voiture, derrière le volant, vêtu de mon uniforme de travail. Depuis une heure, depuis l’annonce de mon boss, j’avais cette horrible boule au ventre. D’un côté, la revoir me faisait plaisir, depuis le temps… Au début, je me souviens que j’avais cherché à la retrouver. Je ne compte même plus le nombre d’appels ou de messages que je lui avais laissés. J’étais même venu dans son café ou chez ma sœur. Mais jamais je n’ai réussi à la voir. Jamais. J’ai fini par croire qu’elle m’évitait et qu’elle ne voulait plus me revoir, alors je me suis résigné et j’ai fini par m’arrêter. Au départ, l’espoir de la revoir m’avait maintenu dans un bon état, plein d’espoir. Mais à partir du moment où j’ai baissé les bras, ce fut la descente aux enfers… J’ai donc envie de la revoir… Mais d’un autre côté… Elle ne veut sans doute plus me voir. Elle a dû tirer un trait définitif sur moi. Si elle m’a évité ça doit être pour cette raison, je suppose. Si ça se trouve, elle a même refait sa vie… A cette pensée, j’en avais la nausée… Il ne faut pas que je pense à ça. Et puis, qu’est-ce que je vais lui dire ? Etant donné notre relation, c’est difficile de communiquer ou de parler de n’importe quoi … Bon, là c’est un rendez-vous professionnel, je n’ai pas le choix. Je me sentais tellement nerveux, tellement mal. Notre dernier moment ensemble a très mal tourné… Je n’ai que ça en tête… je me posais tellement de questions que j’en avais mal à la tête. L’heure approchait. Je fermais les yeux et soupirais un grand coup pour me donner du courage, serrant dans ma main sa bague que je gardais constamment autour du cou... Ça va aller. Je l’espère…

Je sortis de la voiture, je devais avoir une tête à faire peur tellement je me sentais mal. Je récupérais un carnet et divers outils, au cas où, avant de verrouiller la voiture. Profond soupir. Je crois que j’avais même les jambes tremblantes. Pire qu’un ado pour son premier rendez-vous. Même si le contexte est hautement différent. J’arrivais devant le café, je poussais la porte en regardant mes pieds. Pitoyable, comme toujours. J’entrais et osais relever la tête. Personne. Nouveau soupir. Mon cœur battait plutôt vite et mon estomac était noué. Je m’approchais alors du comptoir pour y poser mes affaires. Elle devait se trouver ailleurs pour le moment. Cela ne fait que retarder l’inévitable. En attendant, incapable de garder la tête haute, je m’installais sur un tabouret, baissant la tête vers la fiche de mon carnet, faisant mine de lire ce que je connaissais en fait par cœur… Autrefois, j’avais tellement espérer la revoir pour une explication, et pourtant à présent, je ne me sentais pas prêt… Pitoyable.


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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Jeu 15 Jan - 16:58


   
Emrys & me
   
   
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« Aoutch ! », couinais-je en effectuant la danse de la douleur. C'était une danse assez particulière, consistant à passer d'un pied sur l'autre en grimaçant et en couinant de douleur, tout en secouant vivement le doigt blessé, avant de poursuivre une fois le doigt sous l'eau froide, jusqu'à ce que la douleur passe. Une jolie petite danse qui avait toujours vivement fait rire Dan. Petite, c'était mon moyen de défense par excellence contre la douleur, qui le faisait tant rire que même en grandissant, j'avais continué ainsi, chaque fois que je me coinçais un doigt ou me brûlait. Et puis c'était rentré dans mon système, comme un vrai moyen de soulager réellement la douleur. Parce que chaque fois, le rire de Dan m'habitait littéralement, alors qu'il me promettait que la douleur allait passer sous l'eau froide. Aujourd'hui, plus que jamais, le souvenir de son rire avait le don de me soulager, avant de me briser la douleur une fois le doigt assez longtemps sous l'eau froide pour que je n'ai plus aussi mal, une fois que la douleur vive dans mon cœur avait assez de place pour s'exprimer...

« Je reviens dans une minute. Continue de t'assurer que cette maudite machine n'a rien de défaillant et fait attention à tes doigts ! Une brûlée aujourd'hui, c'est amplement suffisant », soufflais-je à mon employée, avant d'aller dans l'arrière boutique chercher la trousse d'urgence. C'était bien mon jour d'avoir un doigt brûlé par le percolateur, alors même que c'était aujourd'hui le jour de la visite du chef des pompiers. L'ironie m'arracha un sourire, alors que je sortais de la glace du congélateur, l'emballant dans des compresses pour pouvoir le poser sur mon doigt rouge. J'avais le don de me faire du mal moi-même, comme personne d'autre sur terre. J'aurais aimé parler de douleur physique, mais il n'y avait pas que cela et je le savais. Alors, tout en m'asseyant sur la chaise de mon bureau, je poussais un profond soupir, laissant les ravages du rendez-vous du jour faire leur effet tant que j'étais encore seule. Le rendez-vous annuel entre le chef des pompiers de Savannah et moi, la gérante d'un commerce de la ville. J'avais toujours trouvé ridicule qu'on m'oblige à cela, alors même que mon petit ami était pompier et qu'il s'était assuré lui-même plus régulièrement que n'importe qui que mon établissement était en règle. Il n'aurait jamais supporté qu'on l'appelle en pleine journée pour lui annoncer que j'avais périt par défaut de système anti-incendie... Mais je n'avais plus Emrys... et ce rendez-vous ne faisait que me le rappeler. Je détestais ça. Je détestais me retrouver confronté à un homme qui ne connaissait que trop bien Emrys Snow.

Observant mes bras, je songeais qu'il serait peut-être préférable que je mette un pull ou quelque-chose, plutôt que de rester en débardeur et laisser mes bras dénudés. Ses derniers mois, j'avais plongé dans le travail sans compter mes heures, sans faire attention au reste, surtout ma fatigue et ma maladresse. Aussi, j'avais les bras couverts de marques plus ou moins en train de s'effacer. Les brûlures du four le matin quand je mettais les croissants à cuir, les brûlures dues au percolateur et au café brûlant que je renversais régulièrement sur moi,... Mes bras étaient une vraie plaie pour tout entretient sérieux et j'avais beau tout faire pour effacer les traces avec mon produit miracle - un petit secret anti-cicatrices que je gardais précieusement depuis que je l'avais découvert -, j'avais toujours des accidents encore en cours de cicatrisation. Il fallait que je cache ça ! Heureusement que je m'endormais si souvent sur mes comptes que j'avais pris soin de laisser quelques affaires de rechange dans mon bureau au cas où...

J'y dénichais vite un pull blanc que je m'empressais de mettre, grimaçant lorsque je pliais mes doigts. Un peu de produit miracle sur mon doigt pour m'assurer une cicatrisation rapide et je me préparais à rejoindre la boutique quand mon employé toqua à la porte. « Heu... Pepper, le pompier que vous attendiez est au comptoir. Vous voulez que j'aille le voir ? » Je secouais la tête en tirant mes cheveux du col du pull. « Non, c'est bon. J'y vais. Continues de t'occuper des clients pendant qu'on traite cette histoire. »

Oh merde, non !, songeais-je en me figeant dans mon approche du comptoir. Ça n'était pas le chef des pompiers. Ça n'était pas n'importe lequel de ses collègues... Non... pas lui... pourquoi lui ? Mon cœur se serra douloureusement, alors que j'hésitais un moment à tourner des talons pour m'enfuir. Je ne pouvais pas faire ça. Je ne pouvais pas lui faire face. Et pourtant, je le devais. Pire, je devais lui faire croire que tout allait bien pour moi, que ma vie était un long fleuve tranquille que j'aimais ainsi... Qu'il ne me manquait absolument pas... « Emrys... », soufflais-je en posant mes mains sur le comptoir devant lui, essayant désespérément de ne pas tenir compte de l'anneau blanc qu'il portait autour du cou. Cet anneau dont l'autre moitié se trouvait dans ma poche arrière, loin de mes yeux, mais tout proche de moi, tout de même. « Salut... Comment vas-tu ? » Je n'aurais pas due poser la question. Je ne voulais pas connaître la réponse, surtout si elle impliquait qu'il était heureux dans une éventuelle nouvelle relation amoureuse... Et je ne voulais surtout pas avoir à répondre à un courtois « Et toi ? » Alors, je devais changer de sujet. Il fallait que j'éloigne la conversation des courtoisies très vite et que je plonge dans le cœur du sujet. Pour mon propre bien. « Vu ta tenue, je suppose que ça n'est pas une visite de courtoisie, mais que tu es là pour le système anti-incendie... » J'essayais de faire pour le mieux. De tenter d'avoir l'air totalement dégagé, mais la boule dans ma gorge devait forcément trahir le malaise. « Tu veux commencer par quoi ? »

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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Jeu 15 Jan - 20:49



❝Retrouvailles douloureuses❞
Pepper & Emrys
L’attente me semblait interminable, les minutes me paraissaient longues. Plus j’attendais plus j’avais l’impression que mon cœur battait vite. Le stress. Cela faisait bien longtemps que je ne l’avais pas ressenti. Et je dois dire qu’il ne m’avait pas manqué. En revanche les pulsations cardiaques rapides étaient plutôt fréquentes, mais c’était surtout quand j’abusais sur le café fort. Là, le café n’en était pas la cause. Non, là, le simple fait de revoir une personne qui m’est si chère, que je n’ai pas vu pendant des mois suffit à me rendre nerveux. C’est surtout l’attente qui est perturbante en fait. Quand elle sera là, ça ira mieux. Mais en l’attendant, je peux m’imaginer toutes sortes de choses. Est-ce qu’elle a coupé ses cheveux ? Est-ce qu’elle les a changés de couleur ? Est-ce qu’elle porte une alliance ou une nouvelle bague… ? Plus ça va, moins mes pensées me plaisaient… Je ne pourrais pas supporter de la savoir avec quelqu’un. Je suis déjà bien au fond du gouffre mais alors là… On pourra m’enterrer. L’imaginer avec un autre homme… Dans ses bras… Non ! C’est juste inconcevable.

Mais alors que je m’imaginais des choses déplaisantes, j’entendis sa voix. J’ai un prénom assez particulier, certains l’écorchent souvent. Mais dans sa bouche… J’adorais le son qu’il avait. Elle avait toujours une façon que je trouvais particulière de le prononcer. Je relevais la tête lentement dans sa direction. Le moment fatidique. Dès le premier regard, je ne pouvais plus me détacher de son visage. Son si beau visage. Sa magnifique chevelure qu’elle avait finalement gardée. Toujours aussi belle. J’avais même lâché un « Pepper… » dans un souffle sans réellement m’en rendre compte. Depuis le temps que je voulais la voir. Je l’avais enfin devant les yeux. Je ne pourrais décidément jamais me lasser de la contempler…

Elle brisa la glace avec la fameuse question que je ne supporte plus depuis qu’elle est partie. Je ne compte même pas le nombre de fois où l’on m’a posé cette question. J’ai toujours menti en y répondant. A chaque personne qui me l’a posé. Toujours. Comment je vais ? Très honnêtement ? Mal. Mais je ne peux pas lui dire. Je ne peux pas lui dire que chaque soir, chaque nuit depuis son départ, je ne dors que quelques heures tout au plus, que l’alcool est devenu mon meilleur ami, que j’avale des litres de café pour tenir debout, que je n’ai plus goût à rien et qu’à part mon travail et ma sœur, il ne me reste plus rien qui en vaille la peine. Je ne peux décemment pas lui dire ça. Et comment je dois répondre ? Est-ce que je dois montrer à quel point je suis minable alors qu’elle a peut-être retrouvé le sourire dans sa vie ? Autant tenter de répondre par l’entre-deux. Tenter.

« Salut. Disons que je fais aller. J’ai connu mieux. »


Bien mieux…

« Et toi ? »

Cette question est à double tranchant. Et si jamais tout va bien dans sa vie ? Si jamais elle va beaucoup mieux maintenant qu’elle est seule – ou accompagnée d’ailleurs… C’était peut-être cruel de penser ça, mais au fond de moi, j’espérais sincèrement qu’il n’y ait personne dans sa vie. Cela peut être injuste d’un certain côté, parce que je ne veux que son bonheur, c’est évident, mais vraiment… la savoir avec quelqu’un… Non ça suffit. Inutile de me faire plus de mal que nécessaire. Surtout que le fait de la revoir là devant moi faisait ressurgir les derniers moments passés ensemble dans mon esprit.

Elle évoquait à présent la raison de ma présence ici. Bingo. C‘est bien moi qui vient vérifier le système anti-incendie. Ce n’était pas très compliqué à deviner. D’ailleurs, je ne compte même plus le nombre de fois que je l’ai vérifié… J’avais tellement peur qu’il lui arrive quelque chose, que j’allais vérifier quasiment à chaque fois que je mettais les pieds dans cet établissement. Ça fait tellement longtemps que je ne suis pas venu depuis le temps. Je venais souvent pourtant après son départ. Mais… Sans jamais être parvenu à la voir. J’en viens presque à me dire qu’elle m’a évité depuis tout ce temps.

« Je suis déjà venu en dehors de mes heures de travail, mais tu n’étais jamais là. »

Du moins tu ne te présentais pas à moi. Je suis sûr, que même aujourd’hui, si je n’avais pas porté mon uniforme, elle ne serait pas venue me voir non plus. Les habits de travail ont donc quelques avantages parfois.

« Mais pour aujourd’hui, en effet, je suis là pour le boulot. Ce n’est pas moi qui devais venir à la base. Mais mon chef a eu un empêchement de derrière minute et m’a choisi pour le remplacer. »

Je ne pouvais pas dire non. On ne contredit pas vraiment un ordre, même indirect. Donc voilà, je suis là. Bien content malgré tout qu’il m’ait choisi. J’ai enfin la chance de la revoir depuis tout ce temps. En la voyant, j’ai tellement envie de la prendre dans mes bras, de la serrer contre moi, de passer mes mains dans ses cheveux, de l’embrasser… Mais tout cela est impossible et c’est ça le plus douloureux. Enfin, je n’étais peut-être pas bien, mais je la connaissais par cœur. Elle ne donnait pas l’impression d’aller à merveille. Est-ce que c’est le fait de me revoir après m’avoir quitté qui la gêne ? Peut-être. Peut-être pas. C’est peut-être tout à fait autre chose. Comme le fait qu’elle fréquente quelqu’un et qu’elle soit mal à l’aise de la situation du coup. Bon… Il faut que j’arrête de me tourmenter avec ça… Je vais finir par lui poser la question, au moins je serai fixé… Mais d’un côté, je ne veux pas savoir… Bref, elle finit par me demander par quoi je voulais commencer. Peu importe, je connais l’établissement par cœur.

« Comme tu veux, je te suis. »

Je me levais de mon siège et baissais la tête pour récupérer mon carnet. Mais à ce moment, un détail attira mon attention. Elle avait ses mains sur le comptoir. Et je constatais rapidement qu’elle s’était blessée. Elle avait le doigt tout rouge de loin. Je fronçais les sourcils, comme si ça allait me permettre de mieux voir.

« Qu’est-ce que tu t’es fait ? »

Sans attendre un quelconque mouvement de repli ou de n’importe quoi de sa part, j’avais instinctivement saisi sa main pour regarder de plus près. C’est tout moi ça. Le labrador de la caserne - ou le St-Bernard, bref c'est un chien - celui qui veut sauver tout le monde. Dès qu’une personne a le moindre bobo, je me précipite toujours. A croire que je ne perds pas mes réflexes malgré ma fatigue. Puis, quand ça la concerne, elle, je suis toujours plus inquiet que d’ordinaire. C’est comme ça.

« Il faut soigner ça. »

Il est même possible que j’en fasse trop quand ça la concerne. J’ai tellement peur qu’il lui arrive quelque chose…


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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Ven 16 Jan - 20:33


   
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Lui... Lui entre tous. Pourquoi lui ? Pourquoi fallait-il que le sort me l'impose alors que j'avais tout fait cette dernière année pour ne plus le croiser, pour ne pas avoir à la subir. J'avais soigneusement fait attention chaque fois que j'allais chez Jayleen, juste pour être certaine de ne pas le croiser, qu'il ne soit pas là et ne vienne pas en cours de route. J'avais tout fait pour éviter de me balader près de la caserne, j'avais soigneusement pris soin de ne jamais entendre - même par inadvertance - où il avait emménagé après notre séparation pour ne pas être tenté d'aller voir juste pour l'apercevoir et j'avais été précautionneuse. Si précautionneuse, pour ne jamais avoir à appeler les pompiers et risquer de le voir débarquer... J'avais tout fait comme il fallait pour ne pas avoir à me retrouver face à lui et c'est son regard, aujourd'hui, qui se posait sur moi, dans l'attente à ce que je le conduise à mon système anti-incendie... J'étais maudite. Réellement maudite...

Des frissons prirent naissance dans le creux de mes reins lorsqu'il prononça mon nom et il me fallut tous les efforts du monde pour ne pas laisser le frisson remonter le long de ma colonne et envahir mes bras. Mon nom dans sa bouche, avait toujours eu le don de me rendre toute chose. La manière dont il le prononçait, dans un souffle, comme une prière, comme une promesse... J'avais toujours été folle de cette manière qu'il avait de prononcer le nom d'une femme. J'avais été malade de jalousie quand le nom n'avait pas été le mien, mais celui de Mandy... ou d'Eva... ou d'autres...

Après un moment, il souffla qu'il faisait aller et je ne connaissais que trop la manoeuvre. Il n'allait pas bien et pour une raison que j'avais trop peur de deviner, je ne voulais pas savoir pourquoi. Je ne devais pas m'impliquer. Je devais le garder à distance. C'était la seule solution fiable. La seule chose qui nous sauvait tous les deux... Et il fallait que je cesse de regarder cet anneau à son coup qui tranchait furieusement avec le bleu nuit de sa tenue de pompier... Prendre l'air détaché, répondre que tout allait bien, faire la visite, signer les papiers et le laisser partir au plus vite... C'était tout ce que je devais faire. Tout ce qu'il me fallait faire... Pour notre bien à tous les deux. « Je vais bien », dis-je, ayant du mal à m'en convaincre moi-même, mais me disant que je pouvais toujours mettre ça sur le dos de la fatigue ou de la pression de ce rendez-vous capital. S'il ne signait pas les papiers, je devrais fermer. Point. Cela me donnait une excellente excuse pour être nerveuse.

Et puis il avoua qu'il était déjà venu en dehors de ses heures de travail, mais qu'il ne m'avait jamais vu et je haussais les épaules, sans savoir quoi répondre. Je le savais. Il était arrivé une ou deux fois que je sois là, dans l'arrière boutique, à travailler dans mes papiers et j'avais soigneusement évité la salle dès que je l'avais entraperçu au comptoir. Les fins d'après-midi, je laissais souvent mes employés gérer seuls le service, n'ayant pas beaucoup de client, pendant que je m'occupais de toutes les choses que seule la patronne pouvait faire. Une chose qui m'arrangeait, en vérité, pour le fuir, comme pour fuir les clients. J'avais toujours été une femme commerciale, sociale, qui aimait parler avec les gens, leur donner ce qu'ils voulaient, pour leur faire plaisir le temps qu'ils se trouvaient dans mon établissement, mais sourire et avoir l'air heureuse auprès de mes clients, quand dans ma vie personnelle, je ne faisais qu'attendre que le temps passe en pleurant sur mon canapé... Donner le change prenait du temps, de l'énergie et m'épuisait. Avoir la possibilité de me cacher dans mon bureau et de délaisser la belle et virevoltante Pepper au profit de l'épave m'était bien précieux.

Malheureusement pour moi, il me confirma qu'effectivement, il était là pour le travail et que je n'avais donc pas d'autres choix que de passer un peu de temps avec lui pour lui faire faire le tour du propriétaire. Je me fichais un peu de savoir pourquoi c'était lui et pas un autre, je regrettais juste que ça soit lui, mais je n'avais pas le choix, aussi pris-je le partie de faire avec, essayant de me dire que ça n'était pas Emrys Snow, mais juste un pompier venu vérifier mon établissement. Je lui demandais par quoi il voulait commencer et il me répondit qu'il me laissait libre du choix. Les clients n'aimaient pas vraiment voir un pompier vérifier un système de sécurité, inconscient qu'ils étaient du fait que c'était une obligation légale et annuelle et pas une preuve que quelque-chose était cassé. Autant rester le moins longtemps possible dans la salle et éviter de voir de nouveaux clients débarquer pendant que nous y étions. J'allais donc lui proposer de commencer par la salle, quand il attrapa soudainement ma main, les yeux rivés sur la boursouflure rouge qui ornait mon majeur droit et qui picotait encore un peu, malgré les soins que je lui avais prodigué plus tôt.

« Ce n'est rien », assurais-je en retirant ma main de la sienne, essayant de la cacher, malgré moi, comme si j'avais fauté pour obtenir de telles marques. « Un peu de stress due à ce rendez-vous, un peu de fatigue, ma maladresse légendaire et le percolateur en a profité pour m'agresser ! », dis-je en ramenant une mèche de cheveux derrière mon oreille, le connaissant assez pour savoir que cela ne suffirait pas à le rassurer et que les mots qui allaient suivre n'allaient clairement rien arranger. « Ça n'est pas la première et la dernière fois que je me brûlerais avec mes machines, Emrys, tu le sais. Je suis en contact avec des fours à 180° et des machines à cafés brûlantes, dix heures par jour, cinq jours par semaine. » Ça n'était que des machines chaudes, que des petites traces de brûlure. J'allais y survivre, comme j'y avais toujours survécu. « C'est les risques du métier, mais ça n'est pas comme si je risquais ma vie tous les jours », grinçais-je soudainement cassante, me tendant comme un arc sous l'impact de mes propres mots à mes oreilles. Je l'avais quitté par peur de le perdre, lui qui avait une vie tellement dangereuse, lui qui pouvait mourir chaque jour durant, parce que son métier exigeait qu'il prenne ce risque. Il n'avait aucun droit de me regarder comme si je commettais un acte irréparable pour ma propre sécurité quand lui jouait avec la mort tous les jours...

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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Ven 16 Jan - 21:55



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Je vais bien. Je ne compte même pas le nombre de fois où j’ai prononcé ces trois mots durant les mois qui ont passé. Je ne connais que trop bien leur signification. Je suis passé maître dans l’art d’utiliser cette phrase. C’est la phrase typique des personnes qui vont mal mais qui refusent de l’avouer, à eux-mêmes ou à leur entourage. La phrase qui suffit à rassurer les proches qui ne sont pas capables de voir au-delà des mots. La phrase qui coupe court à une éventuelle conversation sur l’état de la personne. Je vais bien, il n’y a rien d’autre à ajouter. C’est également la phrase qui permet de montrer que l’on n’a pas envie d’en parler. En seulement trois mots, cette petite phrase est extrêmement parlante. Je sais qu’elle aime se montrer forte. Mais il est probable que ce ne soit que d’apparence. Enfin, on ne va pas déblatérer là-dessus. On va mal tous les deux, c’est ce que je constate. Elle peut toujours tenter de faire bonne figure, je fais la même chose avec Jay. Je sais très bien qu’elles ont des contacts, que ma sœur est au courant pour nous, mais je n’ai pas envie d’aborder le sujet. C’est encore et toujours trop douloureux. Donc pour le moment, je préfère me conforter dans l’idée – mauvaise – que je vais bien aussi.

Par réflexe, j’avais même attrapé sa main, à cause de ce que je voyais sur l’un de ses doigts. Des brûlures, j’en vois tellement souvent, je pourrais les reconnaitre les yeux fermés. Savoir qu’elle s’était blessée ne me plaisait pas. Pas du tout même. Comme toujours. C’est normal. Voir la femme qu’on aime avec des blessures n’est jamais agréable ou plaisant. Avant, je me souviens qu’à la moindre coupure – même avec une simple feuille de papier – j’accourais avec la trousse de premier secours à la maison. A chaque fois qu’elle se blessait, maladroite comme elle est, j’étais toujours là à me précipiter pour la soigner. A force de me voir faire, elle a fini par apprendre les gestes. Et à présent, elle se débrouille toute seule. Même si l’aspect de la brûlure ne me plait pas. C’est normal, ce n’est pas moi qui l’aie soignée. Je ne peux pas non plus m’assurer que c’est bien fait puisqu’elle retire sa main sans que j’aie le temps de réellement voir de plus près. Ce n’est rien dit-elle. Si tu le dis. Apprends-moi mon métier aussi.

Je me redressais et récupérais mon carnet que j’avais reposé sur le comptoir dans la précipitation pour la regarder et l’écouter partir dans des excuses. Stress, fatigue, maladresse et le percolateur qui l’agresse. Bien sûr. Je haussais un sourcil et croisais les bras. Si elle pensait que ça allait me suffire comme explication, elle se trompait lourdement. Elle le comprit d’ailleurs, puisqu’elle rajouta que ce n’était ni la première ni la dernière fois qu’elle se brûlait avec ses machines. Si elle se croit réconfortante, c’est raté. Je n’aimais pas la savoir entourée de machines aussi dangereuses. Bon j’exagère, on ne meurt pas brûler par le café – encore que – mais connaissant sa maladresse, ce n’était pas rassurant. Puis si elle était fatiguée, c’était encore pire… Voilà que je me remettais à angoisser pour des choses qui m’étaient sorties de la tête depuis bien longtemps…

« Fais quand même attention… »

Ce n’était ni un ordre ni un reproche, mais plutôt dit sous le ton de la demande sans aller jusqu’à la supplication non plus. Je lui demandais simplement de faire attention. Je ne voudrais pas qu’un jour on appelle la caserne pour nous dire que la gérante de ce café est gravement blessée ou pire… Je pense que je ne m’en remettrais pas.

Sa réplique suivante me fit l’effet d’une bombe. Je le prenais comme une attaque. Je ne sais pas si elle l’avait fait exprès, mais je me raidis à ses paroles. Je sentis sa réplique comme une sorte de reproche, indirect ou non. Ce n’était peut-être pas son but, mais dans mon état actuel, je le prenais assez mal. Est-ce qu’elle est en train de me reprocher de risquer ma vie chaque jour ? Oui et alors ? Je l’ai choisi. Je baissais les yeux quelques secondes, le temps de me mordre l’intérieur de la joue. Actuellement, à part mon travail, le plaisir de sauver des vies et ma sœur, il ne me reste plus rien. Je ne tolère pas vraiment qu’on s’attaque à ce qui me tient à cœur, qui que ce soit. Je relevais la tête en soupirant, piqué au vif.

« C’est sûr que faire du café et éteindre un feu ne comportent pas les mêmes risques. Encore que, tu serais surprise de savoir comment des incendies peuvent démarrer de façon bien stupide. Tu ne risques pas ta vie tous les jours non, évidemment. Mais ça n’empêche que tu dois faire attention. »

Je m’écartais légèrement du tabouret pour me lever et calais mon carnet sous mon bras, légèrement agacé. J’ai toujours été un homme très impulsif. Une simple réflexion sur un sujet qui me tient à cœur et je peux rapidement monter au créneau. Par le passé, on s’est tellement pris la tête pour des broutilles, de simples mots mal interprétés ou simplement une mauvaise intonation … Ce n’est pas maintenant que ça allait changer.

« Sauver des gens c’est tout ce qu’il me reste, alors je serais fier de mourir en sauvant une vie. »

Tiens le toi pour dit. Je n’ai plus rien à perdre à présent, alors je donne tout ce que je peux lorsque je suis appelé sur le terrain parce que des gens sont en danger. Il me reste Jay également, mais je suis sûr qu’elle comprendrait. Elle sait à quel point mon travail est important pour moi. Elle ne cesse de me répéter de faire attention, mais personnellement, je n’hésiterais pas une seule seconde à donner ma vie pour en sauver une. C’est comme ça. Bref. Je fis le tour du comptoir pour l’attendre au bout pour aller dans l’arrière-salle et faire mon travail.

« On y va ? »



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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Ven 16 Jan - 23:20


   
Emrys & me
   
   
Nos souvenirs explosent ma tête et j'ai le blues de toi, de tes silences tendres et de ta voix...
   
Son contact me brûlait, plus encore que le feu lancinant de cette foutue stupide brûlure. Son contact m'avait toujours fait cet effet. Il était tel un brasier ardent, qui d'un simple effleurement pouvait littéralement me mettre le feu. C'était assez ironique, quand on y pensait, qu'il ait alors fait le choix de se tourner vers une carrière de pompier. Lui qui avait été mon radiateur personnel depuis l'enfance. Lui qui avait toujours su allumer le brasier en moins en un simple geste, en un baiser bien placé ou une caresse experte... Je ne me rappelais que trop bien le jour où il avait annoncé qu'il allait passer le concours pour entrer chez les combattants du feu. La fierté, les encouragements... la peur... La peur surtout. Les pompiers étaient le fantasme de bien des femmes, mais quand on était réellement en couple avec l'un d'entre eux, l'uniforme ne faisait plus du tout cet effet là. Non, l'uniforme, il avait le don de vous glacer le sang, de vous créer des insomnies persistantes, de vous transformer en cardiaque précoce. Parce que l'uniforme n'avait plus rien de glamour quand vous l'observiez partir tous les matins en vous demandant si l'homme à l'intérieur allait vous revenir le soir...

STOP !, me hurlais-je dessus, dans ma tête. Arrêtes de penser à cela. Arrêtes de penser à lui comme ça... Il me fallait vraiment arrêter. J'avais rompu pour que cela cesse, pour que sa perte ne m'affecte plus autant et même si j'avais lamentablement échoué, même si c'était pire qu'avant, je ne pouvais pas revenir en arrière. Je l'avais trop meurtri. Je ne le méritais plus. Il méritait tellement mieux... Non, je devais arrêter de penser à lui, comme s'il était mien et comme si j'avais le droit de m'inquiéter pour lui comme je m'inquiétais pour celui qui avait été - serait toujours - l'homme de ma vie. Je n'avais plus aucun droit sur lui, comme il se devait de ne plus en avoir sur moi et sur les blessures que je m'infligeais par inattention et fatigue.

Il m'intima tout de même de faire attention, enfin plutôt, me le demanda, plus comme un service qu'autre chose et c'était finalement ça, qui faisait le plus mal. Plus encore qu'un autre ou qu'une supplique, deux choses que je lui avais interdit de me donner le jour où j'étais partie pour ne plus donner signe de vie. Ce qui était quand même assez hypocrite, quand on y pensait, parce que moi, je lui reprochais ouvertement d'accomplir un métier dangereux, alors même que je ne voulais pas qu'il juge les façons idiotes que j'avais de me blesser. Et je savais que ça allait le mettre hors de lui, en plus, parce que son métier était sa passion. Sauver des vies étaient un besoin chez lui, plus intense que tout autre besoin. Il faisait ce boulot parce qu'il l'aimait, parce qu'il lui donnait un but dans la vie, faisait sens pour lui. Je n'avais aucun droit de porter un jugement négatif sur son travail. C'était une chose qu'il ne pouvait permettre. Pourtant, j'avais mis les deux pieds dans le plat et je savais déjà que cela allait déclencher les hostilités...

« C'est sûr que faire du café et éteindre un feu ne comportent pas les mêmes risques. Encore que... », commença-t-il, me serrant le cœur. Je ne voulais pas me disputer avec lui. Pas après tant de temps sans le voir. Pas maintenant, alors que tout ce qui faisait sens entre nous, tout ce qui nous liait, c'était une attestation de système en règle de la part des pompiers de Savannah. Je me mordis la joue, attendant qu'il s'énerve encore plus, sentant le feu de la colère monter en moi, aussi, à mesure que ses mots envers moi devenaient de plus en plus dur. Il m'avoua que sauver des vies était tout ce qui lui restait dans la vie et qu'il serait fier de mourir en sauvant quelqu'un et je pris l'aveux comme une véritable gifle, sentant déjà les larmes monter à mes yeux et ma respiration devenir plus difficile, alors que je ne pouvais m'empêcher de songer aux conséquences. L'annonce, je ne la devinais que trop bien, elle avait habité mes cauchemars sans jamais s'arrêter depuis près d'un an. Je pouvais sans mal entendre le téléphone sonner, le policier à l'autre bout du fil, me dire qu'il était désolé et qu'il n'avait pas survécu. Je pouvais sentir mon coeur s'arrêter, mon corps me lâcher, la peine m'engloutir par vagues, plus violentes l'une après l'autre, à chaque seconde passant, à chaque seconde m'approchant de la réalisation que jamais plus je ne le verrais, ne le serrerais dans mes bras, n'entendrait sa voix me rassurer. La douleur, la peine, la colère, l'absence, la solitude, la perte de sens... Je ne pouvais que trop imaginer tout cela, parce que ça avait failli arriver et aussi sûrement qu'avant, je savais que les choses n'avaient pas changées avec le temps, que la douleur serait aussi vive, peut-être même pire encore...

Étouffant un gémissement de douleur en me mordant plus fortement la joue encore, sentant bientôt le goût métallique dans ma bouche, je détournais le regard, lui tournant le dos, refusant de lui montrer combien une simple phrase pouvait me tuer. Il me demanda alors s'il était temps d'y aller et je ne savais plus qu'une chose : Je ne pouvais plus l'affronter. D'un geste vif, je sortis le trousseau de clé du magasin et le posait sur le comptoir à côté de moi, lui donnant ainsi accès à chaque pièce, même celles fermés à clés. « Tu connais le chemin... », dis-je la voix tremblante, m'obligeant à garder un ton neutre et le plus droit possible, malgré l'énorme boule de nerf et de peine qui m'empêchait de respirer. « Je serais... je serais dans mon bureau quand tu auras besoin de ma signature... » Et sans demander mon reste, je pris la fuite en direction de mon domaine, refermant la porte derrière moi, le cœur battant, les membres en feu. Lentement, je me laissais glisser contre celle-ci, les larmes déferlant sur mes joues sans que je ne puisse les arrêter.

« Il faut que je me calme... », murmurais-je pour moi-même. « Il faut que je cesse... Je ne peux pas... Je ne peux pas me montrer ainsi... »

Restant plusieurs longues minutes ainsi, à laisser la douleur me ravager, les souvenirs de Dan, de maman, du défunt père d'Emrys et Jayleen, m'engloutissant littéralement. Mon deuil ? Je ne l'avais jamais fait. Jamais. L'idée même de perdre quelqu'un d'autre me tétanisait complètement. Emrys plus que toute autre personne... Et il me renvoyait en pleine figure que lui, il s'en fichait complètement. Et c'était typiquement le genre de réaction qui conduisait à des actes stupides et à ce foutu appel que je ne voulais jamais... ô grand jamais... recevoir.

Après m'être autorisée plusieurs minutes de prostration, je m'obligeais à me relever, consciente qu'Emrys n'allait pas rester indéfiniment loin de moi et qu'il allait finir par arriver. Il fallait que je me calme, que je me reprenne et que je donne le change. Toujours donner le change. C'était ma seule règle, désormais. Alors, après m'être relevée, je fis exactement ce que je faisais tous les jours depuis un an : Je cachais les ravages de ma vie derrière mon maquillage, experte que j'étais devenue pour camoufler mes yeux gonflés par les larmes, les cernes des insomnies et la maigreur causée par le manque de sommeil, les repas sautés et le travail intensif. On aurait presque pu croire que j'étais parfaite, sereine et comblée. Le joli leurre induit par le maquillage... Merci à lui.

(c) fiche:WILD BIRD, flowers texture: mirandah & gifs: tumblr


   

_________________


❝'cause it's always been you and me against the world❞
No matter what they say. No matter what this life is. You are my best friend, my sister, my soulmates. It's always been you and me against the world, against the death... the life. My problem is you are just like him. I can let you go, but it's so hard to see him in your eyes, in your smile,... But it's doesn't matter. No matter what this life is. It's always been you and me against the world...
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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Sam 17 Jan - 13:47



❝Retrouvailles douloureuses❞
Pepper & Emrys
Certains réflexes ont la vie dure. Je ne savais que trop bien qu’elle m’avait quitté, qu’elle avait fait une croix sur moi de ce fait. Pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher de m’inquiéter pour elle, constamment et plus encore depuis qu’elle m’avait dit qu’elle se blessait régulièrement avec ses machines. C’est plus fort que moi. Je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit de mal. Au boulot, à chaque fois que le téléphone sonne, j’ai toujours cette petite appréhension à l’idée qu’un témoin nous contacte pour nous faire venir dans ce café. Alors non, elle ne risque pas sa vie tous les jours, mais des malaises dus à la fatigue qui conduisent à des accidents graves ça peut arriver, si on prend en plus en compte sa maladresse. Une inattention, et un incendie se déclenche. Combien de fois des appartements brûlent parce que les habitants oublient leur bouilloire sur le gaz ? Combien de fois, des maisons explosent parce qu’on oublie d’éteindre le gaz ? Combien de fois des studios brûlent parce que des enfants stupides jouent avec des allumettes ? Beaucoup de causes stupides ou fautes d’inattention et c’est le drame. Alors non, la fatigue, le stress et la maladresse ne font pas bon ménage dans une cuisine. Je sais pertinemment qu’elle a choisi de faire sa vie de son côté, mais on ne m’enlèvera jamais cette inquiétude. Jamais. Et j’aimerais vraiment qu’elle m’écoute quand je lui demande de faire attention.

Quant au fait de m’attaquer sur mon boulot, je n’avais pas réellement apprécié. Je ne supporte pas qu’on s’en prenne à ce que j’aime. Et j’aime mon travail. Sauver des vies c’est tout ce qu’il me reste, avec ma sœur. Partir au boulot me permet de changer d’air, de m’aérer l’esprit, de penser à autre chose que ma triste vie. Là-bas, c’est celle des autres que je dois aider. C’est une sorte d’échappatoire en fait. Je n’ai pas grand-chose à perdre alors oui, je serais fier de donner ma vie pour en sauver une. Il est vrai que quand je suis sur le terrain, j’ai tendance à foncer tête baissée, obsédé par mon objectif. Heureusement que mes collègues sont là pour me recadrer. Lorsque j’étais encore avec Pepper, j’étais plus réfléchi, je faisais vraiment attention à tout, mesurant chaque risque, je le reconnais. Je voulais rentrer entier pour la retrouver. Mais maintenant ? Rentrer pour quoi ? Pour trouver mon appartement vide et sans vie ? Pour m’affaler dans le canapé avec une bouteille ? Ô joie. Maintenant, je me fiche un peu des conséquences et ça se voit. J’ai été blessé de nombreuses fois durant toute cette dernière année. J’ai eu le poignet cassé, des fractures, ou encore d’autres blessures bien moins graves mais qui m’ont tout de même laissé de jolies cicatrices un peu partout. Mes blessures me prouvent que je suis encore en vie. Donc bon pour en revenir à la situation actuelle, s’en prendre à mon travail n’est pas la meilleure des choses à faire, que ce soit elle ou n’importe qui.

Je ne voulais pas qu’on se dispute. Pas aujourd’hui, pas maintenant. Je ne l’avais pas revue depuis très longtemps et m’énerver était la dernière chose que je voulais faire. C’est pour ça que malgré tout, je contrôlais ma voix pour ne pas trop hausser le ton et ainsi faire mon possible pour éviter une prise de tête devant ses clients. Mais malgré tout, j’avais quand même dit ce que j’avais à dire. Depuis près d’un an maintenant, oui, je serais fier de mourir pour sauver quelqu’un parce qu’il ne me restait plus rien. Ce n’était pas tout à fait vrai par le passé, mais à présent que je n’ai plus rien à perdre, ça n’a plus d’importance. Je suis arrivé à un stade de ma vie ou plus rien n’a vraiment d’importance, je ne vis plus, je survis chaque jour. On doit tous mourir un jour de toute façon. Alors autant que ce soit en sauvant une vie. Que je me rende un peu utile.

Mais bon, on n’allait pas épiloguer trois heures là-dessus, il fallait bien que je fasse mon boulot. Je l’attendais au bout du comptoir, mais elle me tourna le dos pour récupérer le trousseau de clés et le poser sur le comptoir. Elle affirma ensuite que je connaissais le chemin… euh oui, en effet, mais… elle ajouta qu’elle serait dans son bureau et elle partit. Tout simplement. Moi ? Je restais juste sur place, un peu surpris de la tournure que prenaient les choses. Pourquoi est-ce qu’elle s’en va ? Elle ne vient pas avec moi ? Et pourquoi est-elle partie si subitement ? Le ton de sa voix n’était pas normal non plus… Je baissais la tête en soupirant, commençant à culpabiliser. J’ai dû dire quelque chose qui lui a déplu. Merde. Qu’est-ce qu’elle a mal pris ? Le fait que je critique sa prise de risque inutile ? Ou que je la compare à la mienne ? Peu importe, dans tous les cas, quelque chose dans mes paroles l‘avait blessée et je m’en voulais. Je récupérais quand même les clés pour aller dans sa cuisine. Là, je vis son fameux percolateur agresseur. Mais, je restais juste appuyé contre la table. Ça fait de longs mois qu’on ne s’est pas vu et je trouve le moyen de tout gâcher. Quel imbécile.

De longues minutes, je restais là, sans bouger, réfléchissant à la situation et hésitant constamment à aller la voir ou à l’attendre. Qu’est-ce que je fais ? J’y vais ? J’y vais pas ? Et si elle ne veut pas me voir après ça ? Si elle ne veut plus jamais me voir ? J’ai survécu quasiment une année sans la voir, mais maintenant que c’est fait… en sachant son imprudence dans sa cuisine… Quitte à me faire virer de son bureau, tant pis, je ne peux pas rester ici une minute de plus à attendre. Je décidais donc de la rejoindre. J’ouvris la porte sans frapper et entrai lentement dans la pièce. Elle était un peu plus loin, en train de se maquiller… Pourquoi faire ? Elle est tellement belle naturellement qu’elle n’a vraiment pas besoin de tous ces artifices.

« Inutile de te maquiller, tu es déjà parfaite au naturel. »

Je refermais la porte derrière moi avant de m’approcher doucement d’elle. Si elle voulait me jeter de son bureau, elle pouvait le faire, mais pas sûr que j’obéisse. Je ne l’avais pas vue depuis si longtemps, je ne voulais pas la quitter maintenant. Je finis par arriver devant elle. A mesure que je la regardais, un détail qui ne me plaisait pas vraiment attira mon attention. Je fronçais légèrement les sourcils et relevais son visage dans ma direction pour mieux voir et être sûr de moi. L’expression de mon visage changea alors immédiatement, passant d’un air perplexe à un air plutôt triste voire carrément peiné. Elle avait les yeux rouges. Elle venait sans doute de pleurer. Je venais de lui faire du mal et cela je ne me le pardonnerais pas. Je n’avais pas le droit de la faire souffrir, je me le suis toujours interdit. La voir dans cet état, que ce soit aujourd’hui ou avant me faisait toujours me sentir au plus mal. Je ne supportais pas de la voir pleurer. Alors, comme à chaque fois depuis qu’on se connait, le réflexe que j’ai toujours lorsque je la vois triste ou les larmes aux yeux, je la prenais dans mes bras. Malgré tout ce qu’elle pouvait penser de moi, même si elle me détestait à présent, même si elle me repousserait par la suite, tant pis. Je n’avais pas pu m’empêcher de passer mes bras autour d’elle, de l’attirer contre moi et de la serrer fort comme si ma vie en dépendait. J’avais réellement agi par instinct et encore une fois sans réfléchir à rien. La voir comme ça, me donnait irrémédiablement envie de la prendre dans mes bras, et ce depuis toujours. Ce n’était pas maintenant que ça allait changer. La prendre dans mes bras pour l’empêcher de partir la dernière fois qu’on s’est vu, c’est réellement ce que j’aurais voulu faire pour la retenir. Mais je n’avais jamais pu… Tellement sa décision avait été un choc, j’en étais resté paralysé. Il n'y a pas un jour où je ne regrette pas d'être resté sans rien faire.

« Je suis désolé… »

Pour tellement de choses, en fait. Désolé de te faire souffrir, désolé d’être réapparu comme ça dans ta vie, désolé de t’imposer ma présence, désolé de t’avoir blessée, désolé de te prendre dans mes bras… C’est assez rare de m’entendre m’excuser. Etant plutôt fier, les excuses, ce n’est pas vraiment mon truc. Mais au jour d’aujourd’hui, c’est différent. Ma fierté a foutu le camp en même temps qu’elle. Je suis vraiment au bout du rouleau…


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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Sam 17 Jan - 16:58


   
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J'avais tellement mal de l'entendre me dire des choses pareilles. C'était pour ne pas vivre ça que j'étais partie. C'était pour ne pas souffrir de le perdre. Il ne pouvait pas réapparaître comme ça dans ma vie, un an après, alors que je faisais tout pour le fuir, pour lui donner de l'espace, la possibilité de se construire sans moi, pour me dire qu'il s'en foutait de sa vie et qu'il plongerait tête baissée dans la mort si elle se présentait à lui. Il n'avait pas le droit... Pas le droit... « Arrêtes... », gémis-je contre moi-même en soupirant. Je ne pouvais pas le laisser me prendre comme ça. Je ne pouvais pas le laisser me briser. Pas alors que je n'étais pas sûr de pouvoir recoller les morceaux. J'avais reconstruit quelque-chose de bien trop fragile pour le laisser me briser de nouveau.

J'entendis la porte de mon bureau s'ouvrir et se refermer, mais ne me tournais pas de suite vers l'entrant, consciente sans même le voir que ça ne pouvait être que lui. Mes employés frappaient toujours ou parlaient directement quand ils entraient en trombe. Ils n'attendaient pas dans le silence, que je me retourne vers eux. Je refermais mon miroir de poche et le posait sur le meuble face à moi, restant dos à lui, attendant qu'il parle, refusant de l'affronter tout de suite. Il fallait que je me préserve, que je préserve mon cœur et chaque coup d’œil dans sa direction était une véritable torture qu'il fallait que je m'inflige le moins possible. Surtout quand il disait des choses comme le fait que j'étais belle au naturel et n'avait besoin d'aucun maquillage... Comme s'il pouvait savoir. Comme s'il savait à quoi je ressemblais maintenant, sans lui... Il l'ignorait tellement... Les joues creusées, les valises sous les yeux, les cernes... J'avais toujours aimé prendre soin de moi, me faire belle, désirable. J'avais cessé d'aimer cela quand je l'avais quitté. Et pourtant, depuis, je n'avais jamais fait plus d'effort pour me rendre belle. Je n'avais jamais mis tant d'ardeur à cacher mes imperfections. Je n'avais jamais acheté tant de produit et passé tant de temps dans des bains relaxant ou devant le miroir à me préparer le matin. Combien de fois étais-je arrivé au travail à peine levée du lit, les cheveux encore tout ébouriffés du câlin matinal impromptue, les joues encore rougit par le plaisir, les lèvres encore gonflées par les baisers... Combien de fois m'étais-je rendu compte en chemin que je portais le T-shirt volé à Emrys au cours de la nuit et non pas l'un des miens se trouvant pourtant juste à côté sur la chaise de la chambre ? A l'époque, cela n'avait pas d'importance. Je me coiffais rapidement dans l'arrière boutique, j’arrangeais mon T-shirt dans mon jean pour ne pas faire négligée et je me disais que les quelques heures de répits que j'avais avant l'arrivée des premiers clients et mon tablier suffiraient à maintenir le change. Mais depuis que je ne l'avais plus, l'effort était quotidien, permanent, vital. Il me fallait être parfaite en toute circonstance. Pas question d'avoir une mèche de travers au réveil. Pas question de montrer mes yeux rouges et fatigués. Pas question de montrer mon teint blafard d'insomniaque chronique...

Je me retournais malgré moi quand il s'approcha de moi, lui offrant tout le loisir de voir mon visage défait et de passer au travers du maquillage pour voir les pleurs que j'avais versés quelques minutes à peine avant qu'il n'entre dans le bureau. Doucement, il releva mon menton, m'obligeant à lui faire face, découvrant sans l'ombre d'un doute ce que je mettais tant d'énergie à cacher. Je me mordis la lèvre, paralysé par sa présence, sa chaleur, si proche de moi, son parfum envoûtant. Tout cela m'avait tellement manqué... J'en avais tellement eu besoin. Depuis toujours, j'en avais tellement eu besoin. Nous n'étions même pas encore ensemble, quand sa présence, sa chaleur, ses câlins et ses baisers sur mon front étaient devenus des choses essentielles pour moi. Je n'étais encore qu'une enfant, n'imaginant même pas qu'un tel garçon pourrait un jour devenir l'amour de ma vie, que je me fondrais déjà dans ses bras pour oublier le monde extérieur et me complaire dans sa chaleur et son odeur réconfortante.

Je savais ce qu'il allait faire. Je le connaissais bien... trop bien... Il n'avait jamais supporté de nous voir pleurer, Jay ou moi. Il n'avait jamais été capable de se tenir à l'écart quand il voyait qu'on pleurait. Alors, bien évidemment qu'il finit par me prendre dans ses bras, me serrant fort contre lui, m'enfouissant entièrement dans ses bras, dans sa chaleur, dans sa douceur. Je restais les bras ballants, refusant de lui retourner son étreinte, refusant de céder à une pulsion et un désir que je savais dangereux pour moi. Parce que si je fondais dans ses bras, jamais je n'accepterais de les quitter. J'inspirais son odeur à fond, cependant, incapable de m'en empêcher. Son parfum avait été ma drogue légale pendant tant d'années. Comment résister à y replonger jusqu'à l'oublie ?

Puis il me dit qu'il était désolé, de cette manière si lourde et profonde que je sentais qu'il n'était pas juste désolé pour les larmes que je venais de verser et cela me fit l'effet d'un électrochoc. Il était désolé... La belle affaire. Ça n'était pas à lui de l'être et il devait l'être et JE devais l'être et je l'étais, mais j'étais aussi furieuse. Furieuse parce qu'il m'avait mis dans cet état. Furieuse parce que tous les efforts que j'avais faits pour me créer une carapace épaisse et solide s'évanouissait avec lui et que je n'étais pas plus protégée de lui que je ne l'aurais été avec un drap blanc. « Désolé ? », soufflais-je contre son épaule, perdue, sentant la colère monter à petit feu en moi, alors que je répétais plus cassante : « Tu es désolé ?! » Je m'arrachais brusquement de ses bras, plantant un regard de glace dans les siens. « Désolé de quoi, au juste ? De m'avoir dit que tu n'aurais aucun regret à mourir stupidement ? Que tu laisserais Jayleen toute seule après tout ce qu'elle a vécu ? » Jayleen... Notre seul point commun encore valable. La petite princesse que nous aimions tous les deux déraisonnablement et que nous nous étions toujours attachés à préserver de tout ce qu'il y avait de plus mal dans la vie... dans nos vies. « T'as pas le droit de dire ça Emrys... T'as même pas le droit de le penser, putain », dis-je en mettant un coup de poing - bien faiblard au vu de mon manque de force, à n'en pas douter - contre son torse. « Nan mais qu'est-ce que tu crois... »

J'étais furibonde et j'avais haussé le ton, parce que je pouvais maintenant me le permettre. Mon bureau était un peu à l'écart de la salle et une fois la porte close, l'assonorisation permettait de passer quelques savons sans déranger la clientèle. Un avantage que je n'avais jamais eu à utiliser, mais qui finalement, trouvait son but ici. « Tu crois qu'elle pourrait le supporter ? Et ton père, tu y as pensé bordel !!! » Et moi..., me sentis-je obligé de retenir, sachant que je n'avais plus le droit de lui dire de telles choses. « Après tout ce qu'ils ont perdus, après tout ce que toi tu as perdu... Comment tu peux même penser à leur faire ça ? », je martelais son torse à allure régulière, appuyant ainsi sur les mots importants... « T'es tellement égoïste, Emrys. Je dis quoi à Jayleen moi après, hein ? Que son frère en avait rien à faire de crever ? Qu'il s'en foutait qu'elle doive encore mettre quelqu'un en terre qu'elle aime ? Que tu aimais plus ta putain d'adrénaline que tu ne l'aimais elle ? C'est pas juste, 'Rys... C'est vraiment pas juste... » Et voilà que je me remettais à pleurer. De fureur cette fois.

Je lui en voulais, ça tournait tellement dans ma tête. Je l'avais quitté pour le sauver, bordel. Pour qu'il vive. Pour qu'il ne meurt pas dans mes bras. Pour que je n'ai pas à le mettre en terre. Mais là, il y filait tout droit et il l'avouait sans détour. Ça n'était pas du tout ce que j'avais voulu. Ça n'était pas du tout ce que je voulais supporter... Ce que je pouvais supporter. Je l'aimais... Oh je l'aimais tellement. J'avais tellement besoin de savoir qu'il allait bien, qu'il vivait sa vie, qu'il était heureux... Même sans moi... surtout sans moi... C'était le choix que j'avais fait. C'était ce que je voulais pour lui. Je ne pouvais pas lui permettre de risquer sa vie ainsi sans réagir, sans lui dire qu'il était un monstre d'égoïsme pour tous ceux qui l'aimaient, à agir ainsi.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Sam 17 Jan - 18:58



❝Retrouvailles douloureuses❞
Pepper & Emrys
Cette étreinte, je l’avais tellement espérée, attendue. La serrer contre moi était vraiment un bonheur absolu. Sentir sa chaleur contre moi, son parfum, ses cheveux chatouiller ma peau. Cette sensation m’avait tellement manqué. Je ne sentais pas ses bras autour de moi, mais qu’importe. J’étais peut-être toujours aussi dingue d’elle, mais je supposais que ce n’était plus le cas pour elle. Pourquoi m’aurait-elle quitté et évité sinon ? Elle est et restera la femme de ma vie, mon unique amour, quoiqu’elle fasse. Si elle avait réussi à faire une croix sur moi, ce n’était pas mon cas. Alors, je profitais de l’avoir dans mes bras, même si elle ne répondait pas à mon étreinte. Tant pis. Mais moi j’en avais besoin. Je n’avais plus envie de la lâcher d’ailleurs… Maintenant que j’ai réussi à entrer de nouveau en contact avec elle, la suite sans elle n’en sera que plus difficile. Mais tant pis. Cela faisait maintenant un an que je ne m’étais pas senti aussi bien. Même si ce n’était qu’éphémère.

Je m’étais excusé bien malgré moi. Chose assez exceptionnelle de ma part, et elle avait réagi assez vite, répétant tout d’abord mes mots. Puis elle explosa, littéralement, sans que je ne comprenne réellement pourquoi. Elle répéta une seconde fois mes mots de manière plus brutale, outrée. Oui, je suis désolé et alors ? Et comme je m’y étais préparé un peu plus tôt, elle s’éloigna de moi, rompant sans aucune douceur mon étreinte. J’avais beau m’y être préparé, la brutalité de son geste me fit mal au cœur. Son regard avait changé également, il était clairement plus dur. Je ne comprenais absolument pas ce qu’il lui prenait. Au départ, je l’observais d’un air plutôt perplexe en l’écoutant déverser sa rage mais je compris où était le problème. Oh d’accord. Voilà donc la raison de son emportement. C’est donc cette phrase qui n’est pas passée. Le fait que je sois fier de mourir en sauvant une vie. Cependant, l’entendre en parler comme d’une mort stupide me fit monter au créneau. Il n’y a rien de stupide. Chaque vie humaine est précieuse, alors ce n’est pas chose stupide de perdre la sienne pour en sauver d’autres ! Comment ose-t-elle dire ça ?! Je fronçais les sourcils et pinçais les lèvres pour contenir mon énervement qui montait également. Et voilà qu’elle met Jay sur le tapis.

Je me contenais de répliquer, préférant la laisser balancer tout ce qu’elle avait sur le cœur avant de réagir. Elle continua en disant que je n’avais pas le droit de dire ça. On est en Amérique, j’ai le droit de dire ce qu’il me plait, que ça plaise ou non. Et j’ai encore plus le droit de le penser, détrompe-toi. Elle commençait même à me donner des petits coups faiblards sur le torse. Un besoin de se défouler ? Je ne dis et ne fis rien pour le moment, bouillant intérieurement. Elle se laissait aller littéralement, haussant même le ton pour me hurler dessus. Elle ajoutait même mon père à l’équation maintenant. D’accord. Sauf que ma famille est pleinement au courant des risques de mon métier. Je leur répète assez souvent que je serais fier de mourir pour quelqu’un. Ils en sont pleinement conscients. Ils y sont préparés. Mais elle ? Elle met ma famille sur le devant de la scène, mais elle dans tout ça ? Elle continua encore et toujours sur le même refrain, martelant mon torse chaque fois plus pour appuyer ses propos. Vas-y défoule toi. Si tu en as besoin.

Mais la suite de son discours me cloua sur place. T'es tellement égoïste, Emrys. Ses mots résonnaient dans ma tête. Pardon ? Alors là, c’est bien la première fois qu’on me dit ça. Moi qui n’hésite jamais, dans tous les domaines de ma vie à faire passer le bien-être des autres avant le mien. Moi qui ai choisi un métier pour aider les autres. Moi qui ai toujours tout fait pour son bien-être à elle, et pour celui de ma famille. Comment peut-elle oser me dire ça à moi ? C’est juste inconcevable et intolérable. Elle a d’ailleurs dû remarquer à l’expression de mon visage que cette attaque ne passait pas. Plus elle parlait de ma sœur, plus j’avais l’impression qu’elle parlait d’elle-même en fait. Jay était nettement mieux préparée à mon éventuelle mort que n’importe qui. Quasiment à chaque fois que je la vois, je lui fais bien comprendre qu’avec mon métier ma vie ne tient pas à grand-chose. Bien sûr, on n’est jamais préparé à la mort de quelqu’un, mais je m’efforçais toujours de mieux la préparer et la mettre en meilleure condition possible. Même si à chaque fois, elle me dit que rien ne m’arrivera jamais. Mais Pepper dans tout ça ? C’est elle qui ne digérait pas mes paroles. Jay avait l’habitude de les entendre, tout comme mon père. Lorsqu’elle eut fini de dire tout ce qu’elle avait sur le cœur, elle se mit à pleurer. S’engageait alors une lutte terrible contre moi-même pour m’empêcher de bouger pour la prendre dans mes bras. Ce n’était pas le moment. C’était à mon tour de déballer ce que j’avais sur le cœur. Mais avant cela, je pris une profonde inspiration, soupirai fortement et en avant.

« D’abord, je tiens à te signaler que ma famille n’a rien à voir dans tout ça. Laisse-les où ils sont. Jay et mon père entendent cette phrase très souvent. Ils savent que j’ai un métier à risques et sont conscients qu’un jour, je peux très bien ne jamais revenir. C’est comme ça, ce sont les risques du métier comme tu disais si bien. Et je t’interdis de dire que je préfère mon adrénaline à elle. C’est juste différent. »

A mesure que je parlais, le ton de ma voix s’emballait. Je voulais tenter de rester calme, mais c’était raté pour le coup.

« Mourir stupidement… Non mais est-ce que tu t’entends ?! Tu n’accordes donc aucune importance à la vie des autres ?! Si mourir pour un autre c’est mourir stupidement alors qu’en est-il des incendies complètement cons qui se déclenchent alors qu’un fumeur a laissé sa cigarette sur le canapé ?! D’une maison qui explose, tuant ainsi toute une famille parce que la mère trop fatiguée n’a pas éteint le gaz ?! Là ce sont des morts stupides qui auraient pu être évitées par un peu plus de vigilance. Mais mourir pour sauver quelqu’un n’a rien d’une mort stupide à mes yeux, bien au contraire. Je préfère mourir de cette façon que seul chez moi à cause d’un coma éthylique ! Là ce serait misérable, je te l’accorde ! »


Elle n’imaginait pas toutes les horreurs que je pouvais voir chaque jour. Le pire, c’était les carambolages sur les autoroutes… Non seulement les scènes étaient pires que dans les films d’horreur les plus gores, mais en plus, ce genre d’accident me faisait toujours penser à celui de Dan et sa mère… Je ne supportais jamais d’être appelé pour ce genre d’intervention. Et pourtant, je n’avais pas le choix.

« Quant au fait que MOI, je sois égoïste ?! C’est franchement la première fois que j’entends ça. Je suis le premier à me soucier des autres, à passer ma vie au second plan pour favoriser celles des autres ! Moi égoïste ?! T’as un sacré culot pour dire ça. Tu n’as rien à dire à Jay ! Elle sait parfaitement que je risque ma vie chaque jour, elle s’y est préparée ! Mais toi ? Qu’en est-il de toi hein ? Vas-y dis-moi. Vu qu’apparemment je suis égoïste, je vais te laisser parler et exprimer ton point de vue sur la chose. Même si je suppose que tu n’en as strictement rien à faire vu que je n’existe plus pour toi depuis un an… »

Et voilà que ce sujet arrive sur le tapis. Depuis le temps que je le rumine. Parler de ça était réellement pesant, pourtant c’était sorti tout seul. A mon tour, j’exprimais ce que j’avais sur le cœur. Je n’avais jamais supporté ni même digéré son abandon – et jamais je ne pourrais l’accepter. Le moment de la confrontation était arrivé semble-t-il… Le ton de ma voix se radoucit, comme si les mots que je m’apprêtais à prononcer aspiraient toute mon énergie et ma vitalité.

« Pourquoi t’as fait ça Pep’s … ? »

Juste pourquoi ? C’est pas juste.

« T’avais pas le droit… »

Ma voix s'était perdue, comme dans un murmure... J'étais épuisé de la situation, épuisé de vivre dans ces conditions. J'en arrivais à me demander s'il ne serait pas mieux que je jette l'éponge une bonne fois pour toute.



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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Sam 17 Jan - 21:21


   
Emrys & me
   
   
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Je n'étais pas honnête, ni avec lui, ni avec moi. Là était toute la vérité de cette discussion. De cette dispute ? Prétendre qu'il était égoïste, qu'il ne pensait pas à Jayleen, à son père, qu'il les abandonnait... La vérité n'était pas là et il avait raison, alors qu'il répondait après m'avoir laissé déverser mon sac et qu'il laissait désormais le sien apparaître à ma vue. Il avait choisi ce métier il y a longtemps, si longtemps. Je me rappelais encore de la peur à l'époque, mais surtout de la fierté. La fierté de son père, de sa sœur, de ma propre famille,... de ma propre fierté. J'aimais tellement cet homme, pour tout ce qu'il était et ce qu'il était, c'était aussi ça. Cet homme altruiste, tellement prêt à tout pour faire les choses justement, pour sauver des vies. Il n'avait jamais menti sur les risques, n'avait jamais cherché à les amoindrir et avait toujours tout fait, tout en nous promettant de faire de son mieux pour rentrer le soir, qu'il pouvait y rester à tout instant. Mais il était si passionné, si fier de faire ce qu'il faisait, si convaincu de faire les bonnes choses... Ça n'était pas lui l'égoïste dans l'histoire, oh non ! C'était moi. Juste moi.

J'étais injuste, à lui dire que Jay ne comptait pas pour lui autant que l'adrénaline. Je savais combien il aimait sa sœur, combien elle était tout pour lui et je savais que jamais, ô grand jamais, elle ne passerait après qui que ce soit ou après quoi que ce soit. Emrys avait toujours agi en priorité pour Jay et c'était aussi pour lui offrir un monde plus sûr qu'il avait choisi ce métier, parce qu'il était désormais un expert en accidents domestiques et qu'il savait comment se protéger de la plupart d'entre eux. Parce qu'il était minutieux dans ses surveillances et ne laisserait jamais Jayleen vivre dans une habitation à risque. L'attaquer sur ce front-là était la pire des options que j'avais pu prendre, car en plus d'être injuste, c'était déplacé et totalement faux.

C'était tout aussi injuste de lui dire qu'une telle mort héroïque serait stupide, même si je ne pouvais me résoudre à accepter que ça ne le serait pas. Toute mort qui serait la sienne serait stupide, qu'importe comment, qu'importe pourquoi. Cet homme ne pouvait pas, ne devait pas mourir. Point. Cette idée m'était tout bonnement insupportable. Et c'est alors qu'il me posa la question, justement, appelant au fait que Jayleen savait très bien ce qu'il risquait et qu'elle l'acceptait. Il me demanda cependant ce qu'il en était de moi et je n'osais le regarder, de peur qu'il lise dans mes yeux ce que je ne pouvais pas lui dire. Ce que je ne devais surtout pas lui dire, si je voulais le garder loin de moi. Je me mordis la lèvre lorsqu'il me demanda de m'exprimer sur le sujet, puisque lui était égoïste et qu'il souligna qu'il n'existait plus pour moi puisque je l'avais quitté et l'avait évité depuis un an. Comment peux-tu dire ça Rys...

Plus doucement, comme épuisé, comme défait, il me demanda alors pourquoi j'avais fait ça. Il murmura que je n'avais pas le droit. Et je sentis mon cœur littéralement s'arrêter. Il me le brisait. Son désespoir, sa peine, son abandon... Pourquoi faisait-il ça. Pourquoi gardait-il ce foutu anneau autour de son cou. Pourquoi ne pouvait-il pas refaire sa vie, être heureux, trouver quelqu'un qui ne serait pas égoïste, quelqu'un qui saurait apprécier le héros qu'il était et qui ne serait pas dévasté par l'idée de le perdre... Quelqu'un de plus fort.

« Parce que je suis égoïste... », soufflais-je après un moment, m'éloignant de lui, refusant de le toucher ou de vivre dans sa chaleur, si je devais lui avouer cela. Il méritait au moins une explication, au moins une excuse. Qu'il me déteste ensuite, mais qu'il comprenne et accepte de faire ce que je ne pouvais pas faire. Qu'il accepte de se donner une chance d'être heureux. « Tu devais être dans la voiture. Tu aurais dû être dans la voiture, tu... » Ma respiration s'accéléra, me coupant le souffle, m'obligeant à avaler, bien difficilement, ma salive, pour pouvoir continuer. « Dan... Dan et maman sont morts Emrys. Ils étaient en voiture et ils sont morts. Et toi tu... toi tu risques ta vie tous les jours. Toi tu fonces sur des autoroutes accidentées et dans des immeubles en feu et tu le fais avec passion et j'ai pas... j'avais pas le droit de te dire d'arrêter, j'avais pas le droit de te retirer ça, parce que c'est ce que tu es... » Je ne cherchais même plus à stopper les larmes sur mes joues. Tant pis pour mon ravalement de façade. Tant pis pour les séquelles sur mon visage. Je parlais de la seule chose que je n'avais pas abordé depuis tout ça et cela me brisait le cœur. « Mais je peux pas... », soufflais-je en secouant lentement la tête. « Je pouvais pas continuer à faire les cent pas en me demandant quand on allait m'appeler pour me dire que tu étais mort. Je pouvais pas continuer de rester éveillée toute la nuit, me demandant combien de temps avant que je sois à jamais seule dans mon lit. Je devenais folle, Rys. Totalement folle. Je pouvais pas continuer... Je... Jai... Je suis désolée... »

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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Sam 17 Jan - 23:43



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Pepper & Emrys
Je lui avais posé la question parce qu’elle ne faisait que me parler de Jay, et je trouvais ça louche. Enfin, dans sa façon de parler, je sentais que quelque chose n’était pas clair. Elle m’a peut-être quitté, mais on se connait depuis l’enfance, elle aussi a forcément un avis sur la question. Je suppose d’ailleurs que son emportement est en fait sa réaction à elle à ma réplique. Elle se cache derrière le bien-être de Jay, mais en fait c’est de sa réaction qu’il s’agit, non ? A moins que je me trompe sur toute la ligne. Ce qui est possible aussi. Je ne suis pas infaillible après tout. C’est pourquoi, pour en avoir le cœur net, je lui avais posé directement la question. Pourquoi tourner autour du pot ? Autant y aller directement, quitte à exprimer le fond de ma pensée. Mais sa réponse n’arriva jamais. Elle ne fit que détourner le regard, comme elle l’avait souvent fait aujourd’hui. Finalement, comme à bout de force, j’avais posé la question qui me trottait dans la tête depuis un an. La question qui me hantait. Pourquoi était-elle partie ? Pour quelle raison ? Tout allait bien entre nous pourtant. Je n’avais jamais compris sa décision. Et pendant près d’un an, cela me tourmentait. J’avais imaginé toute sorte de chose. Tout d’abord qu’elle avait cessé de m’aimer. Ce qui peut arriver. Qu’elle s’était lassée de notre relation, lassée de moi. Ou encore qu’elle avait rencontré quelqu’un d’autre. L’option la moins supportable à mon sens. Dans mon esprit c’était clair depuis plus ou moins cinq mois, elle m’avait quitté parce qu’elle ne m’aimait plus et elle m’évitait parce qu’elle devait se sentir mal de me revoir après m’avoir abandonné en sachant que j’étais fou d’elle. C’était l’explication la plus plausible de mon point de vue. Mais je voulais l’entendre le dire. Une bonne fois pour toute.

Pour toute réponse, elle affirma être égoïste et s’éloigna de moi, allant un peu plus loin, trop loin. Je n’ajoutais rien pour le moment, sentant qu’elle allait continuer. Je restais à ma place, m’appuyant simplement contre le meuble derrière moi. Et comme je l’avais deviné, elle continua sur sa lancée, ma parlant de voiture. Je devais être dans la voiture ? Quelle voiture ? De quoi est-ce qu’elle… Oh. Je vois. Ce fameux jour. C’est vrai que Daniel devait passer me chercher. J’aurais pu être avec eux à ce moment-là. Mais ce ne fut pas le cas. Ce jour-là, j’ai pris en main mon destin et j’ai décidé de chambouler les plans initiaux. J’aurais pu être avec eux, mais ce ne fut pas le cas, alors pourquoi vivre dans le passé et les hypothèses comme ça ? Elle me rappela également que sa famille n’était plus là. Je le sais. J’ai également perdu mon meilleur ami, mon frère et la femme que je considérais presque comme une figure maternelle ce jour-là. Elle enchaine sur le fait que je risque ma vie chaque jour, mais ça aussi je le sais. La suite de son discours me serra la gorge, me noua l’estomac et me coupa la respiration. Mon cœur s’arrêta net. C’est donc la raison… Elle m’a quitté à cause de mon travail…

Je m’écartais du meuble pour faire quelques pas dans la pièce, en posant mes mains derrière ma tête. Je me mordais les lèvres et regardais tantôt en l’air, tantôt le sol en réalisant alors cet aspect que je n’avais même pas envisagé. Jamais je n’aurais pu penser qu’elle se sentait si mal à chaque fois que je partais. Jamais je n’aurais pu imaginer à quel point ça l’inquiétait et lui laissait une boule au ventre à chaque fois que je franchissais la porte. Dans mon esprit, je ne risquais jamais rien, je savais que chaque soir je la retrouverais. Mais en fait, elle vivait avec cette peur constante… Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Comment ai-je pu continuer ainsi… Cette rupture, c’est de ma faute en fait. J’aurais pu l’éviter si j’avais choisi un autre travail… Cette révélation avait réellement l’effet d’une bombe. Mon couple c’est moi qui l’ai détruit. Sans m’en rendre compte, et alors que je m’étais promis de ne jamais le faire, je la faisais souffrir chaque fois que je partais travailler… Je fermais les yeux, passais mes mains sur mon visage et baissais la tête posant finalement mes mains sur mes hanches.

« Pourquoi tu ne me l’as jamais dit ? Pourquoi tu ne m’as rien dit quand il était encore temps ? On aurait pu trouver une solution moins radicale… »

Pourquoi est-ce qu’elle ne m’en a pas parlé avant bon sang… Pourquoi attendre qu’il soit trop tard… On aurait pu trouver des solutions j’en suis sûr. A deux on surmontait tout, depuis toujours. Alors pourquoi décider de tout arrêter comme ça sans en parler au préalable… C’est injuste, mais je peux comprendre sa détresse. Vivre dans l’angoisse constante, ce n’est pas agréable… Je ne peux pas la blâmer. Je me tournais dans sa direction, reportant mon regard sur elle. C’est véritablement une scène des plus dramatiques qui se joue dans ce bureau actuellement…

« Je ne pensais pas que tu le vivais si mal. J’en suis profondément désolé. Si je l’avais su plus tôt… »

Qu’est-ce que j’aurais fait ?

« Pepper… Je suis prêt à tout pour toi, tu le sais. Je t’aime plus que tout au monde et rien ne pourra jamais changer ça. J’aime mon travail, certes, mais j’étais prêt à le quitter pour toi. Il fallait me le dire. Tu passes avant tout le reste. »

Je suis quelqu’un de franc et tout ce que je dis, je le pense sincèrement. Si je devais choisir entre elle et mon travail, je n’hésiterais pas un instant et mon choix se porterait sur Pepper. Je ne peux pas vivre sans elle. Sans elle, je ne suis plus rien… La preuve, depuis son départ, je dérive littéralement…


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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Dim 18 Jan - 16:01


   
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C'était encore pire de savoir que je devais l'éloigner, alors qu'il avait fait partie de moi toute ma vie. Savoir que je me devais de perdre mon roc, mon amour... C'était la pire des sensations, mais c'était pour le mieux. C'était tout ce que je devais faire... tout ce que je pouvais faire, pour lui. Pour moi. J'étais une épave, une boule de peur et de peine. Je n'étais plus moi et je n'étais plus la personne qui pouvait le seconder, qui pouvait l'attendre à la maison et faire qu'il se battrait toujours pour rentrer. Je n'étais plus capable de tenir ce rôle et il avait besoin de ça. Il avait besoin d'une raison de rentrer le soir. Il avait besoin de quelqu'un qui le pousserait à se dépasser, à faire preuve de prudence. Je l'avais été, j'étais encore capable de le faire, mais je ne pouvais juste pas. La peur me rongeait de l'intérieur, dévorait tout en moi, jour après jour et je ne pouvais plus assumer ce rôle. J'étais incapable de m'asseoir et d'attendre, de sourire avec fierté en apprenant à quelqu'un ce que mon compagnon faisait dans la vie. Je n'étais plus la personne qu'il lui fallait.

A mesure que je le lui avouais, je réalisais qu'il n'avait absolument pas conscience de cela. Il n'avait jamais réalisé, n'avait pas fait le lien. Emrys était un garçon intelligent, intuitif aussi, mais sur ce coup, il avait été complètement aveugle, ne réalisant pas ce que moi j'avais compris violemment, le jour même de l'enterrement de ma seule famille de sang. Alors, il me demanda pourquoi je ne le lui avais jamais dit avant. Pourquoi je n'avais pas pris la peine de l'inclure dans le problème, pour qu'on trouve ensemble une solution et pendant une seconde, je ne su que répondre. Pourtant, la réponse était évidente. Parce qu'il aurait fallu qu'il fasse un choix. Si je lui avais exposé le problème, il aurait fallu que lui fasse le choix. Les pompiers ou moi. Et j'avais eu trop peur de la réponse. Dans un sens, comme dans l'autre. S'il avait choisi son métier, il m'aurait brisé irrévocablement. S'il m'avait choisi moi... Son travail était une vocation, une partie intégrante de l'homme qu'il était, de l'homme que j'aimais. S'il m'avait choisi, au détriment de ça, il n'aurait pas été heureux. Il aurait prétendu que oui, aurait peut-être cru que oui, mais il lui aurait toujours manqué quelque-chose de primordial, d'irremplaçable. Je n'étais que sa petite amie, qu'une femme qu'il aimait, une femme qu'il pouvait remplacer s'il n'avait pas d'autres choix. Sa vocation, elle était irremplaçable. Il pouvait retomber amoureux, mais il ne pourrait jamais combler le vide laissé par un métier qui ne lui apportait pas la satisfaction que lui apportait ce métier plein de danger et dédié aux autres... J'avais eu trop peur qu'il finisse par me haïr pour cela. J'avais préféré coupé court, faire le choix, ne pas lui donner l'occasion de me briser et lui rendre sa liberté, plutôt que d'affronter les conséquences du choix que je lui aurais demandé de faire...

Il s'excusa de m'avoir imposé cela, de ne pas avoir su et je secouais négativement la tête. Il n'avait pas le droit de s'en vouloir. Ça n'était pas sa faute. Je refusais qu'il s'excuse pour quelque-chose dont il n'était pas responsable. C'était moi qui avais mal agi, moi qui avais manqué de courage. Pas lui. « C'est pour ça que je n'ai rien dit », répondis-je quand il m'avoua qu'il aurait quitté son travail pour moi si je le lui avais dit plus tôt et que je passais avant tout le reste. « Je pouvais pas être responsable de ça. Emrys je... »

Instinctivement, je fis un pas vers lui, avant de me rétracter, de me figer sur place et de croiser mes bras autour de moi. « Ce travail, cette vocation qui est tienne... Tu as raison, ça n'est pas égoïste, c'est même tout l'inverse. Et ça fait partie de toi. Cette... chose que tu as de vouloir aider le monde entier, ce besoin que tu as de te sentir utile... Je pouvais pas te retirer ça. Pas pour moi... Pas pour nous. Si je t'avais enlevé ça... Tu n'aurais jamais pu être heureux avec moi si tu avais dû te contenter d'un travail en toute sécurité, où tu n'aurais pas aidé les gens comme tu le faisais. Je t'aurais arraché une partie de toi, une partie de l'homme que j'aimais... » Mettre le verbe aimer au passé m'arrachait littéralement la gorge, mais il le fallait. Il fallait qu'il pense que tout cela était du passé pour moi... pour pouvoir tourner la page. Pour pouvoir aller de l'avant et trouver quelqu'un qui le méritait vraiment. « Tu mérites quelqu'un qui te regarde avec fierté et non avec peur. Tu mérites quelqu'un qui énonce fièrement que tu sauves des vies, que tu es un héros. Pas une fille terrorisée à l'idée que tu ne rentres pas pour dîner. Tu mérites tout ce que je ne peux plus te donner Emrys et je refuse de te le retirer par égoïsme. Je refuse de te le retirer parce que je veux que tu rentres à la maison, même si cela doit coûter la vie à des gens. Tu mérites bien mieux que cela... »

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No matter what they say. No matter what this life is. You are my best friend, my sister, my soulmates. It's always been you and me against the world, against the death... the life. My problem is you are just like him. I can let you go, but it's so hard to see him in your eyes, in your smile,... But it's doesn't matter. No matter what this life is. It's always been you and me against the world...
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MessageSujet: Re: Retrouvailles douloureuses | Pepper Dim 18 Jan - 19:31



❝Retrouvailles douloureuses❞
Pepper & Emrys
Je pensais ne jamais pouvoir tomber plus bas que là où je me trouvais déjà. Je pensais que j’avais atteint le fond déjà le jour où elle m’avait quitté. Mais non. Cette discussion m’enfonça encore et toujours plus. Comme quoi, la vie est un gouffre sans fond. Elle avait beau dire ce qu’elle voulait, j’étais le seul fautif de sa perte. Le jour où je suis rentré chez les pompiers, non, le jour où l’idée d’intégrer les soldats du feu a déclenché le compte à rebours de ma rupture. Comme quoi, une simple décision peut briser une vie, par simple effet de boule de neige. Elle avait beau secouer la tête, il était trop tard pour changer mon état d’esprit. C’est ma faute, je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même. Je lui ai imposé ma décision sans me rendre compte à quel point son poids était difficile à supporter. J’aurais aimé qu’elle m’en parle plus tôt, mais apparemment elle n’avait pas voulu, parce qu’elle ne voulait pas être responsable du choix que j’aurais fait. J’aurais pu vivre sans mon travail. J’en aurais trouvé un autre, moins dangereux. J’étais prêt à tous les sacrifices pour elle, mais elle ne semble pas le comprendre. Je pouvais vivre sans mon travail, mais pas sans elle. A présent, c’est un peu différent étant donné qu’il ne me reste que ça…

Elle avait tenté un pas dans ma direction, avant de finalement se rétracter. Moi, je restais sur place, l’estomac noué par cette conversation. Elle avait commencé une phrase pour finalement l’interrompre avant de repartir sur autre chose. Mon travail. Cette vocation. La seule chose qui me permet de tenir chaque jour. La dernière chose qui donne un sens à ma vie, en dehors de ma sœur. Jay a sa vie maintenant, je ne peux pas interférer dedans alors c’est dans mon travail que je me donne pleinement. Si je ne l’avais pas… Je ne préfère même pas imaginer. Au fur et à mesure de son discours, je baissais les yeux. Elle n’avait pas tort sur certains points. Mais concernant le fait de ne pas être heureux avec elle en exerçant un métier différent, elle se trompait lourdement. J’aurais trouvé une autre façon d’aider les gens, d’une manière moins dangereuse. Je suis sûr que j’aurais trouvé.

Par contre, le dernier mot qu’elle avait prononcé se mit à résonner dans ma tête. Si mon cœur était en verre, je l’aurais entendu se briser en mille morceaux. La triste réalité me rattrapa. C’est incroyable la différence entre penser à quelque chose, la probabilité que cette chose soit vraie et l’entendre clairement. Un temps dans une phrase peut complètement changer le sens de celle-ci. Elle m’aimait. Autrement dit, ce n’est plus le cas aujourd’hui. J’avais longtemps pensé qu’elle m’avait quitté parce qu’elle ne m’aimait plus. Mais ce n’était qu’une supposition. L’entendre de sa propre bouche rend la chose concrète. Et c’est encore plus difficile à avaler que je l’aurais cru. Ma gorge se serra douloureusement, je sentais même de l’humidité envahir mes yeux. Je fermais les yeux un instant, tête baissée. Toujours appuyé contre le meuble derrière moi, je me laissais glisser le long pour me retrouver en position assise, genoux repliés sur lesquels je posais mes coudes pour passer mes deux mains dans mes cheveux et me tenir la tête. L’entendre le dire de vive voix faisait beaucoup plus de mal que je l’avais imaginé. Elle ne m’aimait plus, c’était donc ça. En plus de tout le reste. Si elle veut m’achever à terre, elle n’a qu’à rajouter qu’elle a quelqu’un dans sa vie. Mais là, pas sûr que je me relève. J’étais incapable de dire quoique ce soit. Aucun mot ne voulait sortir de ma bouche. Je n’avais juste plus la force de parler, de penser correctement. Ce que je voulais là maintenant ? Disparaitre. Même si je suis déjà à présent plus bas que terre. Le regard vide, je l’écoutais pourtant continuer.

Cependant, elle commença à énumérer quelque chose qui ne me plaisait pas. Ce n’était absolument pas le moment de me dire ce genre de chose. Pas maintenant. Elle n’a aucun droit de me dire ce que je mérite ou non. Je suis le seul juge de ça. Je me fiche éperdument qu’on me regarde avec fierté, je me fiche qu’on me considère comme un héros, la reconnaissance je n’en ai strictement rien à faire. Ce que je veux c’est elle et personne d’autre. Il est inutile de me monter la tête ou de me vendre la première nana qui vient. Je refuse de refaire ma vie un point c’est tout. Et étant assez borné, elle pourra dire tout ce qu’elle voudra, ça ne servira à rien. C’est elle que je veux, point final. Si je ne peux pus l’avoir, personne ne m’aura. J’eus une sorte de mini rire nerveux lorsqu’elle osa affirmer que je méritais mieux…

« Arrête. »

Inutile de continuer à vanter les mérites de je ne sais qui, parce que ça va m’énerver. J’enlevais une main de devant ma tête pour pouvoir la regarder.

« Je ne veux pas entendre ce genre de connerie. Je ne mérite pas tout ça parce que je n’en ai strictement rien à faire. Je ne veux pas être considéré comme un héros, je ne fais pas ça pour la gloire. Tu pourras dire tout ce que tu veux pour m’encourager à … »

Profond soupir.

« A refaire ma vie avec quelqu’un. Ça ne servira à rien. Mon cœur est déjà pris. Il n’y a de la place pour personne d’autre. Et ce, jusqu’à la fin de ma vie. Tu ne veux plus de moi, soit. Mais personne ne te remplacera. Jamais. »

Je suppose que tout était dit à présent. De toute manière, je ne voulais pas en entendre davantage. Tout ce que je voulais à présent, c’était me retrouver seul pour digérer cette confrontation. Je me relevais alors, époussetant rapidement mon pantalon.

« Je vais y aller. Je trouverai une excuse pour la non-vérification de ton système anti-incendie, je dirai que je n’ai pas trouvé l’établissement ou bref je n’en sais rien. Quelqu’un d’autre viendra. Sur ce, porte-toi bien. »

A partir du moment où j’avais dit que je partais, j’avais été incapable de la regarder. Sans un mot de plus et suffisamment blessé comme ça, je quittais la pièce. Je passais dans la cuisine pour récupérer mon carnet puis je traversais la salle pour sortir du café. J’avais les yeux qui me brûlaient, des douleurs à l’estomac et le cœur en miettes. Je regagnais rapidement ma voiture et une fois assis derrière le volant, je ne parvins pas une minute de plus à retenir mes larmes. Elle ne m’aimait plus, c’était bel et bien fini. Dans la précipitation, les émotions ayant pris le pas sur tout le reste, je n’avais même pas réalisé que j’avais oublié mon sac dans son café…



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